La savate

Dans le Midi de la France est présent le Chausson, sport de combat où seuls les pieds sont utilisés. Dans le Nord, on préfère la Savate et ici, on recherche la frappe avec les pieds et les mains ouvertes. Ces méthodes n'avaient pas une très bonne réputation car les principaux adeptes se trouvaient parmi les voyous.

C'est Michel Casseux qui, le premier, codifia la savate. En 1820, il créa une salle qui fut fréquentée par de hautes personnalités de l'époque dont Charles Lecour. On peut dire que c'est lui qui créa la Boxe Française en 1840. En effet, il associa le chausson et la boxe anglaise.

Vers 1848, Joseph Charlemont, maître d'armes qui excellait en canne, escrime et bâton, s'initie à la Boxe Française. Grâce à son intelligence et à ses qualités physiques, il se met très vite en évidence dans le milieu de la Boxe Française.

En 1862, Charlemont a un fils, Charles, qu'il formera dès son plus jeune âge. Plus tard, la tourmente de la guerre poussera Joseph et son fils vers la Belgique où ils implanteront la Boxe Française. Ils codifieront les différentes techniques, réglementeront les rencontres et publieront à Bruxelles le premier livre de Boxe Française. Ceci est toujours à la base de la boxe française moderne.

Vers la fin du 19e siècle, Joseph Charlemont, de retour en France crée la " Société des Boxeurs Français ". Charlemont marqua très fort son époque car il était un maître incomparable et un combattant hors pair. Et surtout, il a réussi à transformer une arme de voyous en un sport de défense pour tous.

Aujourd'hui, nous n'avons plus sur les rings que les techniques codifiées et qui sont estimées peu risquées. On peut carrément dire que la Boxe Française actuelle n'a plus grand chose à voir avec celle qui se pratiquait au début du siècle, puisque celle-ci fut à une époque, interdite au public, car jugée trop dangereuse, et son enseignement fut dès lors réservé à la légion étrangère durant de nombreuses années. Elle réapparu au grand jour sous la forme que nous connaissons à l'heure actuelle.

C'est cependant l'ancienne forme que nous essayons d'enseigner et de maintenir au sein de l'école.

savate

La Boxe Anglaise

La boxe anglaise apparaît au XVIIIe siècle, organisé par des parieurs, d'après le modèle du Pugilat. Le premier boxeur reconnu comme champion poids lourd fut l'anglais James Figg, en 1719. Les règles du marquis de Queensberry, rédigées en 1857, ont mis l'accent sur l'agilité plutôt que sur la force. Ces nouvelles règles interdisaient le combat à mains nues, le corps à corps, l'étouffement, les coups lorsque l'adversaire est impuissant et le combat au finish. Les rencontres sont divisées en rounds de trois minutes, espacées d'un temps de repos de une minute. Un participant perd le match s'il reste au sol plus de dix secondes, allongé ou sur un genou. Ces règles stipulent également que les matches doivent avoir lieu dans un ring de 7,30 m de côté. Le dernier champion poids lourd à mains nues fut l'américain John L. Sullivan, en 1889. En combattant avec des gants selon les règles de Queensberry, Sullivan perdit son titre de champion du monde, le 7 septembre 1892. Les règles de Queensberry sont demeurées le code qui régit la boxe professionnelle.

Au XXe siècle, la boxe professionnelle fut contrôlée de façon de plus en plus stricte par des organismes nationaux et internationaux. Par exemple, le nombre de rounds est de douze en championnat et quinze en championnat du monde, il existe des systèmes de comptage des points pour déterminer le vainqueur dans les combats qui ne se finissent pas par K.O. Mais une certaine confusion règne actuellement : plusieurs organismes ont leur propre listes de champions. En conséquence, quatre boxeurs peuvent se prétendre simultanément champions du monde de la même catégorie de poids.

Encore une fois, la boxe Anglaise moderne est devenue une pratique sportive, de plus en plus technique, mais dont les axes et les frappes ne restent pas moins efficaces lorsqu'on retire les gants. Au sein de l'école, nous aborderons autant l'aspect technique, que l'aspect décisif.

Le combat libre médiéval

Il n'existe que peu d'écris sur cet art occidental, bien que l'on trouve tout de même quelques renseignements dans le "Alte armatur und ringkunst" de Talhoffer (1459), ou encore dans le "Flos duellatorum" de Fiori dei Liberi (1410).

Cette forme de combat a vu le jour par nécessité. En effet, il pouvait arriver à un chevalier de perdre son épée, auquel cas, il devait terminer son combat sans arme s'il ne demandait pas grâce à son adversaire.

Mais c'est un peu plus tard, à l'époque des mousquetaires, et avec l'apparition des premières armes à feu qui causa la disparition des combats chevaleresques, que l'on voit apparaître réellement un système de combat à mains nues codifié. Bien sur il existait auparavant des bases, mais convenez que le combat à mains nues avec une armure sur le dos n'est pas chose aisée!

Avec l'apparition de armes à feu, les épées subissent de grosses modifications: les lames larges et lourdes cèdent la place aux rapières et fleurets, beaucoup plus fines, légères et maniables, qui sonnent également la fin du port de l'armure, puisque les coups deviennent moins puissants et bien plus rapides. C'est à ce moment là réellement que l'on voit apparaître les systèmes complets de combats total à mains nues, pour rendre les techniques de combat aux épées légères ou à la dague encore plus efficaces. Ces derniers seront d'ailleurs bien vite réglementés et destinés à l'armée puisque les duels à mort furent interdits par le roi Henri IV et sanctionnés par Louis XIII. Les techniques létales ne furent donc plus enseignées au public, et les Maîtres d'armes de l'époque ne dispensèrent plus leur savoir qu'aux nobles, qui faisaient partie de l'armée, et aux militaires.

Suite à cela émergèrent des arts de combats destinés aux communs des mortels, comprenant des anciennes techniques, mais codifiés de manières à être moins dangereux pour la population. De là naquirent des arts que l'on connaîtra plus tard sous le nom de "Savate", "Chausson", "Pugilat", et plus tard "Boxe Anglaise" et "Boxe Française"... Tous ces arts, viennent du combat médiéval à mains nues, et nous sont parvenus à travers les siècles avec les modifications est les règles qu'on leur connaît à l'heure actuelle...

Le Pombo

pombo

L'escrime médiévale

L'escrime médiévale est le maniement de toute épée de l'époque médiévale qu'elle soit de tranche, d'estoc, bâtarde ou à deux mains. Cela représentait une grande partie de l'art de combat de nos chevaliers occidentaux, si connus et si célèbres par les films, mais si méconnus et incompris par leur mode de vie, leur philosophie, ou encore leurs techniques de combats que l'on ne cesse de dénigrer au profit de "l'efficacité" et de la "sagesse" du Samouraï...

On trouve bon nombre d'écoles, en fonction du type d'arme, de la région, et surtout de l'époque. Les maîtres d’armes européens au Moyen-Âge n'ayant laissé que des traces partielles de leurs enseignements, chaque technique contenue dans leurs écrits ne peut être qu’une interprétation des techniques réellement utilisées. Même si des manuscrits ("alte armatur und ringkunst" de Talhoffer 1459, "Flos duelatorum" de Liberi 1410, ou encore le manuscrit d'escrime de Fillipo Vadi 1485) existent encore aujourd’hui et sont de plus en plus accessibles en français moderne, ils demeurent tout de même incomplets. Peut être était-ce volontaire de leur part... Peut être de la part de ceux qui ont tant fait pour faire passer cette caste d'hommes d'honneur et de principes pour des brutes autant assoiffées d'or que de femmes... Toujours est-il que le savoir des techniques de combat s'est tout de même transmis oralement, soit au sein de certaines familles descendantes des chevaliers, soit grâce à certains maîtres d'armes, qui ont transmis leur savoir à de jeunes passionnés, qui ont à leur tour fait de même... C'est à l'heure actuelle la méthode la plus complète du maniement des armes, puisque dans un enseignement particulier, toutes les techniques sont dévoilées afin d'assurer leur transmission de générations en générations, jusqu'à ce qu'elles soient à nouveau enseignées dans une école...

 

La canne française

La canne de combat ou canne d'arme est l'un des rares sports de combat français. On parle souvent d'art martial français, même si la codification en tant que sport ne permet pas cette appellation officielle. Aujourd'hui, on distingue plusieurs pratiques de la canne de combat: la canne de combat de compétition, la self défense (surtout méthode "Lafond", la canne "artistique"). La canne de combat de compétition est une discipline associée à la Boxe Française et à sa fédération. L'historique de ce sport est lié à la boxe française et surtout à l'utilisation de la canne par les bourgeois du 19ème siècle qui savaient se défendre avec. Certains maîtrisaient le corps à corps (la lutte), la Boxe Française ou anglaise, avec son travail des pieds et des bras, et enfin, pour des coups à plus grande distance, la canne à pommeaux. La canne était dans les mains des hommes des villes et le bâton dans celles des hommes des campagnes. Car finalement, la canne et le bâton ont toujours eu un destin très lié, dans tous les pays du monde ! Les techniques de cannes de combat, dont nous parlerons, ont été remises au goût du jour par Maurice Sarry, à la fin des années 1970. Il a codifié ce sport qu'il souhaitait réhabiliter. En effet, autant au début du siècle dernier, on voit que la canne est très répandue dans les pays anglo-saxons (en Inde également, par les anglais), et en France (Cf le célèbre feuilleton les Brigades du Tigre), autant, après la première guerre mondiale, sa pratique a tendance à disparaître. De même, le bâton, enseigné à l'armée française et américaine, tout comme les techniques de baïonnettes, disparaît progressivement à la même période.

Rappelons qu'il ne faut surtout pas réduire l'histoire de la canne et du bâton à cette période, car de tout temps, l'homme a utilisé cet outil, devenu une arme redoutable et ce dans tous les pays du monde ! Aujourd'hui, la canne de combat de compétition, dont nous allons parler, est pratiquée par un millier de cannistes, tout comme le bâton français, par quelques centaines de "bâtonniers".

LA CANNE DE COMBAT

Quand on parle de canne, il s'agit d'une tige de châtaignier de 95 cm de long et d'un diamètre de 1,5 cm pour la pointe de la canne et de 1,8 cm pour le talon. Dans sa forme de compétition, il s'agit d'assauts, de 2 fois 3 minutes au maximum dans lequel les deux "tireurs" doivent marquer le plus de points. L'assaut se déroule dans un cercle de 9m de diamètre. Les déplacements jouent un rôle très important. Il n'existe que 6 coups. Chaque coup doit :
- être armé (main derrière la ligne des épaules) - être donné avec le quart supérieur de la canne - être dirigé sur l'une des trois surfaces de frappe (tête, flanc et tibia). Les coups sont donnés en garde droite ou gauche. La prise de la main définit la garde, car la canne n'est saisie que d'une main. Les différents coups sont bien sûr enchaînés et permettent de créer de nombreuses combinaisons (voltes, changement de garde, alternance des surfaces de frappe...) Les coups en canne :
- brisé (coup donné en tête)
- latéral extérieur
- latéral croisé
- enlevé
- croisé tête
- croisé jambe

La caractéristique des coups est qu'il y a une rotation de la canne systématiquement dans chaque coup. Cela permet d'obtenir une grande vitesse d'impact. Le but n'étant pas de frapper fort, mais plutôt de toucher la surface de frappe. Ce sport est très complet, rapide d'apprentissage, et surtout, accessible aux enfants, qui y retrouvent un côté très ludique !

LE BATON FRANCAIS

Ici, le bout de bois est beaucoup plus grand et doit être saisi à deux mains. Il n'existe pas d'assaut en bâton, car, même avec des protections, ce sport s'avèrerait trop dangereux. La beauté du geste et réalisme des coups (qu'on ne retrouve pas toujours dans les arts martiaux), permet d'avoir une approche atypique du maniement du bâton.

Aux six coups de base de canne (donnés cette fois à deux mains sur les mêmes surfaces), s'ajoutent des coups "coulissés" et des piqués. Pour la petite histoire, le bâton français a hérité sa technique de la pratique de l'épée à deux mains, des armes d'hast et du fameux "Quater staff" anglais.

Par Frédéric Morin
Président ASCA PARIS

Au sein de l'école, nous étudierons à la fois le bâton Français, et la canne, au sein du même cours, de manière à s'habituer à toutes les tailles de bâtons, que l'on peut trouver en cas de nécessité. Cependant l'enseignement dispensé comprend des frappes mais aussi des clés et des projections, du moins, celles que permet un bâton.

En parallèle, nous étudierons le maniement du couteau, pour deux raisons :

- Durant une époque, il n'était pas rare de voir des cannes comportant des stylets ou des petites lame vissées dans le manche, qui permettaient soit un maniement à deux armes, soit un maniement seul de l'une ou de l'autre arme. On retrouvera par ailleurs ce type de maniement dans d'autres styles, comme l'escrime pirate ou l'escrime Italienne.

- Le couteau (ou assimilé, comme le cutter, le tournevis...) est malheureusement une arme assez courante lors des agressions de nos jours.

Les styles complémentaires

Pour les styles ajoutés à l'enseignement de l'école, les sites sont assez nombreux et bien fournis pour qu'il ne soit pas nécessaire de tout détailler ici.